• 2018 VÉLO: Santiago de Compostella

    Chacun de nous porte en lui des rêves, des projets, qui attendent des années pour se réaliser. Parfois même ils resteront enfouis, victimes expiatoires des multiples contraintes qui nous brident, temps, argent, famille, santé. Parfois aussi parce que trop ambitieux. 

    Il y a une dizaine d'année avait germé dans ma tête de petit explorateur l'idée de faire un voyage à vélo l'année de mes 60 ans.  C'est sans nul doute l'une des meilleure façon de faire le point sur la manière dont on commence à prendre de la bouteille. La tête voudra t'elle, les jambes pourront-elles?

    Le chemin de St Jacques de Compostelle. La destination est mythique comme peut l'être la route 66 pour le motard. De partout en Europe, des gens convergent vers la pointe de la Galice pour une marche qui aura une signification particulière pour chacun. De la spiritualité, parfois. De l'aventure aussi. Et souvent l'envie de redonner un peu d'ampleur au temps, de quitter le quotidien et de rencontrer des personnes qui veulent faire un break dans cette course qu'est devenu notre vie bien agitée.

    Les 60 ans ont sonné. Première année de retraite, de jubilaciòn comme on dit en espagnol. Ver lo que quiere la cabeza, ver lo que pueden las piernas.  Départ le 2 mai 2018 de Rennes pour quelques milliers de tours de pédale en suivant la voie de Tours puis le Camino Françès. Pour le retour, on avisera le moment venu.

    2018 VÉLO: Santiago de Compostella

     

  • 10 mai: St Etienne de Baïgorri - Pampelune- Puente  la Reina. 100kms, dénivellé 1450m

    Temps un  peu maussade au réveil, mais la pluie annoncée par la météo ne va pas pointer le bout de ses gouttes dans la vallée. Nous allons pouvoir plier tranquillement avant d'aborder le passage des Pyrénées par le col de Garzéla. Au sud de Pampelune , nous aurons le droit au col de Pardon pour corser l'addition.

    Il faut d'abord s'adapter au rythme de pliage de mon voisin de chambrée. C'est un lève-tôt , ce qui est heureux car il prend le temps de bien faire les choses. Nous allons souhaiter bonne chance à nos voisins du Finistère qui participent au trail de 150 kms dans la montagne.

    J'avoue que je suis un peu tendu car je ne sais pas comment aborder un col qui va nous faire monter pendant 30 kms. Yves croit l'avoir reconnu la veille sans ses bagages et m'annonce une partie à 15/18% qu'il faudra passer pied à terre. "mais à la venta vers 800m d'altitude , c'est fait, le col est passé" m'a t'il prévenu. Dans cette première partie, Yves a  découvert un aspect de mon caractère quand je lui intime l'ordre de se taire quand on monte. La douleur à l'effort est individuelle et rien de plus démoralisant qu'un bavard à vos côtés quand vous êtes au taquet.

    je vais économiser mes forces pendant la première partie de la montée jusqu'au café dans la très belle vallée des Aldudes. Petite pensée pour les 2 producteurs de la région ( fromage, jambon sec de cochon noir) qui viennent tous les ans aux tablées du Rheu. Vrai café de village. Un coin que je compte redécouvrir en moto cet été. Grimpette en poussant les vélos sur près de 1 kms avant de remonter en selle et de rejoindre la venta, magasin espagnol sur la frontière. Nous y faisons nos courses et finissons par manger sur place un plateau de jambon, alors que la pluie fait son apparition. Un groupe de cyclistes  arrive d'Espagne et nous annonce qu'il tombe à seau et qu'il fait froid.  On va se couvrir. Trop peu en ce qui me concerne car je serais complètement frigorifié au cours de la descente. Et nous découvrons, Yves  comme moi,  que ce qu'il avait pris comme le col ne l'était pas. Un simple palier avant d'attaquer 2 kms de montée à 8% sous la pluie battante. Je vais quand même prendre le temps de faire quelques photos avant d'entamer la descente un peu périlleuse sur cette route bien glissante. Seul point positif, il n'y a pas de gravillons assassins comme sur les routes françaises. Les espagnols sont moins riches que les français en radars mais bien plus efficaces en entretien de route. 

    Arrêt à un abri bus ou je me décide à sortir des protections supplémentaires car je suis complètement gelé. Mais la pluie  va s'estomper et comme je le pressentais le soleil revient au sud des Pyrénées.  Nous rejoindrons Pampelune par les chemins fléchés et la porte fortifiée de la ville. Des pavés en acier avec la coquille et le vélo nous guident pendant la traversée de la ville. Café, photos, discussion avec une coréenne qui fait la camino...

    On va se perdre un peu à la sortie de la ville et faire un peu de hors piste sur le camino piéton. Pas très agréable. Yves grogne. Finalement le GPS nous remettra sur la bonne route avant d'attaquer le col de Pardon ses 2,5 derniers kms à 8%. Descente vertigineuse vers Puente de la Reina ou le vélo sacoche va accrocher une vitesse un peu excessive compte tenu du chargement ( + de 70 km/h)

    Camping et repas du soir à l'auberge des pèlerins au dessus de la ville, de l'autre côté du beau pont de pierre. Et un gros mensonge car Yves n'a pas de crédencial, théoriquement nécessaire pour avoir accès à la cantine de l'auberge, mais dieu nous pardonnera ce petit larçin :-))) Un vrai repas de sportif, avec ses pâtes fromage. Et au camping un voisin hollandais équipé d'un vélo à boite de vitesse Pinion. Super, parait-il, mais cher , très cher. Il va faire assez froid cette nuit , on va bien se couvrir.

     

    Bilan de la journée plutôt positif: c'est la première fois que j'affronte ces montées qui paraissent interminables avec un ensemble vélo/bagages pesant 40 kg et j'arrive à maîtriser l'impatience qui m'anime et garder un rythme de pédalage régulier malgré une vitesse faible , 6 à 8 km/h. 

     

     

     

    Le camino Françès

     

    Profil de la première partie jusque Pampelune

    Le camino Françès

     

    Le camino Françès

    Le camino Françès

    Le camino Françès

     Les cuisses sont bien chaudes après la montée en poussant le vélo. 

    Le camino Françès

     

    Le camino Françès

    Le camino Françès

    Le camino Françès

    Le camino Françès

     


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  • 11 mai : Puente la Reina - Acedo  44 kms, dénivellé 557m

    J'ai proposé à Yves de prendre une demi-journée de repos et de visiter la ville. Il y a une dizaine de jours que je suis parti et le cap des 1000 kms a été largement franchi. Nous allons donc faire la grasse matinée jusqu'à 6h30 et visité la ville avant de plier. 

    Puente la reina est le point de convergence des chemins qui viennent de l'Europe du Nord et de Catalogne. Beaucoup de marcheurs et toute l'activité économique se fait autour des pèlerins. La vieille ville et ses portes séculaires est bien agréable avec ses vieilles maisons en pierres roses. Achat de cartes postales, photos, une matinée bien calme avant de plier et de prendre la route vers Acedo qui n'est pas directement sur le camino, mais qui dispose d'un camping.

    Dès le départ, Yves prend la roue d'un anglais en randonneuse Génésis avec très peu de bagage. On va faire une petite grimpette pour rien car c'est dans un cul de sac que nous conduit le british. Le GPS a quand même un gros avantage sur les impulsifs, mais ils ont décidé de ne pas m'écouter.

    Le chemin est légèrement fléché par des autocollants sur les panneaux routiers, une coquille et un vélo. Il faut quand même être vigilant, mais je dispose d'une trace GPS jusque Santiago. Il me suffit de rappeler Yves à l'ordre quand il part devant sans se soucier de l'itinéraire.  Arrêt dans le joli petit village de Cirauqui pour le pique-nique du jour. 

    A Estalla Lizarra, après moultes montées descentes nous quittons le camino pour la NA132. Nous découvrons petit à petit l'excellence du réseau routier et surtout, la présence dans de nombreux cas d'une bande goudronnée  de 1,5 m de large de chaque chaque côté de la chaussé. Une vrai piste cyclable qui nous permet de nous sentir en parfaite sécurité, d'autant plus que les usagers motorisés sont extrêmement prudents et prennent les écarts les plus grands par rapport aux vélos. Bravo !!!!

    Camping un peu juste à ACEDO. Impossible de charger le matériel sur les emplacements campeurs qui ne disposent d'aucune borne électrique et ou on a oublié de ramasser l'herbe coupée. Nous rechargerons au bar en dégustant une bière au milieu des familles bruyantes qui viennent passer la soirée et manger sur place. 

    11 mai Camino Françès

     

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

     

    Le petit bourg d'Acédo.


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  • 12 mai: Ecédo - Santo Domingo  92 kms  1150m de dénivellé

    Départ très agréable du camping, montée en douceur et descente en douceur. Si toute la journée se passe ainsi, ça devrait le faire. Je rêve...

    Nous retrouvons le camino à Los Arcos. Petit arrêt pour m'acheter mon pain au chocolat quotidien, puis direction Logroño.  Belles montées avec de beaux virages ou Yves ne pourra pas s’empêcher de courser 2 frangins belges en route vers Santiago. Un peu de piste, de belles descentes.  Et arrêt café croissant dans un bar chinois ( oui oui ) en face de la cathédrale de Viana. La vieille ville est très jolie. Discussion avec un Asturien qui aime la musique bretonne et qui va au festival interceltique. Là il fait une partie du camino à pied avec madame.

    Traversée de Logroño grâce au gps qui nous guide vers la sortie pas très bien flèchée après avoir fait les courses. Nous rejoignons un cheminement dans un parc, avant d'attaquer des montés impossibles le long de l'autoroute. Plein les jambes. A Sotes, il me faudra mettre les pieds à terre car je n'arrive pas à passer le dernier raidar au centre bourg

    Passé Najéra, la route monte régulièrement et nous roulons à 10 km/h environ sur de longues lignes droites avec le vent dans le nez. Il fait même assez froid à cause du vent. 

    Camping à l'entrée de Santo Domingo de la Calzeda. Au sud les montagnes sont enneigées et ce soir alors que nous plantons,le temps est menaçant. La nuit s'annonce fraîche et la bise ne réchauffe pas l'atmosphère.  Heureusement c'est un camping de mobilhomes, nous sommes les seuls à utiliser les sanitaires. ça nous permettra de sécher les cuissards pendant la nuit dans un local chauffé, alors que la température tombe à 0° et que la pluie s'en mêle. Nous allons manger à l'abri au resto du camping. Une pizza congelée et un étouffe chrétien feront l'affaire. Et coucouche panier ronron bouboule.

     

    11 mai Camino Françès

    Los Arcos

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

    11 mai Camino Françès

     

    Viana, la rue principale et la cathédrale

    11 mai Camino Françès

    Les sommets enneigés au sud de Santo Domingo

     


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  • 13 mai   Santo Domingo - Burgos  70 kms  dénivelé 780m

    70 kms ? mais qu'est ce qu'ils font ? ils se trainent ? 

    Au lever vers 6h00, il y a de la gelée sur les toits. Un peu frisquet et à dire vrai, pas très pressé de sortir du duvet. Point positif, c'est le grand soleil, point négatif , il y a un bon vent d'ouest.  Petit déjeuner au chaud dans la laverie ou nous avons mis nos cuissards à sécher.

    Passage par le centre ville de Santo Domingo, arrêt pain au chocolat et arrêt photo sur les crêtes enneigées.  A la sortie de la ville nous retrouvons le hollandais équipé d'un vélo à boite de vitesses Pinion ( Puente la Reina). Il s'est trouvé une compatriote et ils roulent de concert. Mais nous dit-elle, autant elle supporte le vent, autant elle souffre en côte. Je pressent qu'elle va passer une sale journée. 

    A peine quitté les faubourgs que nous attaquons ce qui sera le plat de résistance de la journée. Ça ne monte pas dur: 2 ou 2,5% mais ça dure, dure, dure. 42 kms avec quelques très rares intermèdes. Avec le vent froid dans la figure, on obtient un joli 10 km/h et donc 4h00 de montée .  Comme on dit, je suis dans le dur. Et comme ça se termine par 10 km à 5 % puis 6 km à 7%, je crois que je passe la plus mauvaise journée depuis le départ. Pour me consoler, j'imagine le calvaire de la hollandaise. Heureusement, il y aura le café au soleil après une vingtaine de kms de route. C'est toujours un moment agréable.

    Arrêt pour les courses en bas du col. La route est un peu étroite et il y a beaucoup de camions. C'est la première fois que je ne me sent pas très à l'aise. Heureusement, les choses  vont vite s'améliorer dans la montée.  Au sommet , alors que je prend la pose photo, un autre vélo arrive. " beau coup de pédale" me dit Yves. Il peut, électrique, ça aide...

    La descente n'est pas aussi franche que je l'aurais souhaité . Il faut parfois redonner un  coup de rein alors que les jambes commencent à se la jouer mauviette. Heureusement que nous n'avons pas prévu 100 kms aujourd'hui. je suis épuisé en arrivant au camping de Burgos, à l'est de la ville. Heureusement, la bière du soir remettra de l'ordre dans les idées un peu noires et les pâtes redonneront le jus nécessaire au départ demain matin. 

     

    13 mai Camino Françès

     

    Profil de l'étape du jour

    13 mai Camino Françès

    13 mai Camino Françès

    13 mai Camino Françès

     

    13 mai Camino Françès

    13 mai Camino Françès

    13 mai Camino Françès

    Les canards s'invitent; Parce que je suis un peu musicien?

     

     

     


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  • 14 mai Burgos  - Carrion de los Condes  95 kms   dénivelé 520m

    Froid humide cette nuit . il a commencé à pleuvoir vers 3h00 du matin. Au lever à 6h00 , tout est mouillé mais il ne pleut plus. Départ à 9h00 sous le soleil qui apparaît. Les fringues sont encore bien humide quand on les enfile. Direction le centre du Burgos par la piste cyclable pour faire poinçonner le crédential à la cathédrale. Le tampon est en libre service. Quelques photos en face de la cathédrale et une très jolie finlandaise vient nous proposer de nous photographier. Elle fait le camino à pied en solo. J'ai bien envie de continuer à pied... reste que je n'ai ni le sac à dos, ni les chaussures. C'est toute la magie du camino, des rencontres superficielles mais toujours sympathiques.

    Sortie de Burgos par les pistes cyclables. Il faut éviter les nœuds d'autoroutes tout autour de la ville.  Au bout d'une dizaine de kms nous en sommes sortis par des chemins pierreux et nous allons retrouver le camino commun aux piétons pendant une vingtaine de kms. C'est de la piste en stabilisée avec parfois des zones plus techniques, grosses descentes avec des pierres ou montées glissantes. Hier soir, j'avais un peu le moral dans les chaussettes et les jambes cuites. Aujourd'hui, je retrouve le sourire et les réflexes de VTT. Et ça fait un bien fou. Yves est un peu à la peine avec son guidon route et il n'a pas l'habitude des chemins. Tant mieux, d'habitude c'est lui qui me photographie en prenant de l'avance dans les cols. Aujourd'hui c'est mon tour. Il y a aussi plus de cyclistes sur ce tronçon, VTT avec sacoches arrières uniquement.

    Le soleil n'a pas encore brûlé la terre et les plantes, Le blé vert ondule et donne un côté presque maritime à ces larges étendues. Avec de la neige au sud et au nord sur les Picos de Europa, il est difficile d'imaginer que dans 2 mois, ici ce sera une sorte de désert ocre. Pour les marcheurs, c'est la bonne période. En juillet, ce sera l'enfer. Il y a beaucoup de monde , dont ces faux pèlerins sans sac à dos, que les bus déposent et récupèrent 10 kms plus loin. Attraction touristique du camino. 

    Nous quitterons les pistes piétonnes pour des petites routes sans gros dénivelé pour ne pas casser le matériel. Un arrêt au bord de la route pour un nouveau tampon par un débrouillard local qui vend son coup de tampon en proposant des coquilles à 1€ .  Un petit banc au soleil pour le pique nique,  prendre le café dans le bar qui accueille d'autres cyclistes dont un énervé qui nous dit faire 150 kms par jour (grand bien lui fasse), c'est une belle journée. A Fromista , un petit arrêt aux écluses sur le canal de Castille, autrefois autoroute à blé, aujourd'hui au cœur d'un vaste système d'irrigation. Dans une auberge de village, rencontre extrêmement sympathique avec Andrews , australien, et à ce que nous avons compris, doyen des juges d'instruction ou d'une cours de justice. Il  nous explique faire un bout de camino en étapes de 300 kms environ.

    Notre camping dans la petite ville de Carrion de los Condes sera au diapason de la journée. Grande bière dans la bourgade sur une terrasse ensoleillée et très convoitée. Bière accompagnée de chorizzo poêlé et de croquettas, sorte de boulette au jambon, à la viande ou au poisson faite avec une béchamel assez ferme. Et à  l'heure de l'angélus,  le carillon des monts est très musical.

     

     

    14 mai  Camino Françès

    ça c'est moi hier soir

    14 mai  Camino Françès

    14 mai  Camino Françès

    14 mai  Camino Françès

    14 mai  Camino Françès

    14 mai  Camino Françès

    14 mai  Camino Françès

    14 mai  Camino Françès

     

    14 mai  Camino Françès

     

     

    Andrew, un regard bienveillant sur le monde qui l'entoure.

    14 mai  Camino Françès

    14 mai  Camino Françès

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • 15 mai  Carrion de los Condes - Léon - Villadangos del Paramo  130 kms dénivelè 740m 

    C'est l'anniversaire de Yves, et ce sera notre fête. Sans doute la journée la moins intéressante du voyage. Nous sommes dans le Léon et les paysages n'ont pas la même amplitude que la veille. Longues lignes droites, peu de choses pour accrocher le regard. Je pense que la traversée de ce coin doit être très difficile pour les marcheurs, d'autant que l'ombre est rare.

    Il fait soleil et donc nécessité de s'hydrater souvent car le vent sec  assèche la bouche. 

    Arrêt café croissant dans un petit village dont j'ai oublié le nom. Perdu au milieu de nulle part, il n'a rien à proposer. Un village qui meurt à petit feu.  Passage un peu plus long par la ville de Sahagun pour les courses et pour tamponner le crédential. Ici c'est une affaire sérieuse, une personne s'en occupe à plein temps.  Quelques photos dans la ville avant de prendre les petites routes dans la plaine. 

    Pique-nique sur un terrain de boule d'ou nous observons les coréens qui marchent, de noir vêtus, et le regard  rivé sur le smartphone pour suivre l'itinéraire pourtant très bien fléché pour les marcheurs. 

    Je n'ai peut-être pas assez bu, toujours est-il que je suis complètement vidé au bout de 80 kms. Il reste théoriquement 30 kms avant le camping de Léon. Un coca à Reliegos  et une gourde d'eau aide à remettre la mécanique en route jusque Léon.

    La montée vers le camping est bien rude pour nos jambes fatiguées. Mauvaise surprise, le camping est fermé. Surprenant pour une grande ville sur le camino. Nous sommes un peu dépités. Un groupe de vététistes nous vient en aide. Prochain camping à plus de 20 kms vers l'ouest. Et il faut traverser la ville que nous apercevons de la colline.  

    La traversée aurait méritée d'être filmée. Travaux sur la nationale, on nous dévie vers un grand rond point au bout d'une descente dans un flot de voitures et de camions. Je ne vois que des panneaux bleus d'autoroute. Un second tour au taquet me permet de trouver une issue indiquée en rouge. Ouf!!! Yves suit sans se poser de questions. Les camions nous suivent mais pas un ne tentera une manœuvre hasardeuse de dépassement. Et nous avons même le droit à des signes d'encouragement aux croisements. Léon restera dans nos anales comme la ville ou rien n'est prévu pour les cyclistes et comme nous allons prendre la N 120 pour rejoindre le camping nous serons pendant quelques longs kms au milieu du flux de circulation. Vigilance maximum.

    Camping ensoleillé à Villadangos, et jeunes voisins baroudeurs qui nous épatent. Elle, vélo électrique avec la remorque et les 2 enfants, 1 et 3 ans. Lui avec les sacoches + une remorque sur un gravel trek.  Chapeau.

    Le bar du camping est sympa et nous allons en profiter pour grignoter.

    15 mai Camino Françès

    Après de mon arbre, je vivais heureux...

    15 mai Camino Françès

    à l'horizon , les Picos de Europa , enneigés.

    15 mai Camino Françès

    Sahagun

    15 mai Camino Françès

    Sahagun

    15 mai Camino Françès

    15 mai Camino Françès


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  • 16 mai   Villadangos - Carracédéro  100kms  dénivellé 1000m

    La famille belge a décollé avant nous. Tant mieux car nous récupérons la doudoune du plus petit qui est restée accrochée à un fil sur l'emplacement. Nous les retrouverons dans quelques kms  car ils n'ont pas pris de déjeuner. Le patron du camping les appelle pour les prévenir. Le camino, c'est aussi cette solidarité pour les petits soucis.

    Nous allons les revoir 15 kms plus loin à Puente de Orbigo, magnifique pont  de 200 m environ et qui date du moyen-âge. Ils sont au petit déjeuner des enfants . Pour nous, c'est la pose photo obligatoire à l'entrée du pont que nous franchirons à pied. Gros pavés, nombreuses arches et panneaux explicatifs. C'est un lieu incontournable du camino. Nous trouvons dans une épicerie le raisin sec que Yves cherche depuis quelques jours. Sucre rapide pour les coups de pompe, il retrouve sa zone de confort.

    Quelques coups de pédale plus loin et c'est la belle ville d'Astorga. Il faut pousser pour y monter car il y a un mur à 15% à l'entrée sur notre itinéraire. Café / pain au chocolat, tampon sur le crédential ( Yves en achète un, étrange étrange dit l'ange ) , courses pour le repas de midi. Nous allons pouvoir rentrer dans le vif du sujet...

    Aujourd'hui, c'est l'ETAPE. Un peu comme au tour de France,  annoncée la plus difficile, celle qui fait peur aux mauvais grimpeurs, le juge de paix . Pourtant je trouve les débuts assez agréables, ça monte gentiment, on peut rouler à 12/14 km/h sans fatiguer et profiter des très jolis paysages et des arrêts dans les villages de montagne. Et puis à partir du km 40, ça se corse, mais sans que nous ne soyons dans le rouge. 6% environ. Il suffit de se dire Siul, amzer zo (doucement, il y a le temps) . A partir du village de Foncebadon, la pente passe à 8 ou 9% jusqu'à la Cruz de Fierro. Une petite partie en danseuse avec un ensemble de 40 kg. Il ne faut pas se louper. Je me serais bien arrêté à ce dernier village qui semblait fort joli, mais je n'étais pas sûr de pouvoir repartir.  En plus il est assez tard et nous n'avons pas mangé. La fringale nous guette avant le haut du col. Arrêt à la première passe pour un casse croûte bien mérité. Erreur fatale, les jambes vont prendre cher dans la dernière grimpette avant la croix. Neige sur les montagnes environnantes, nous sommes à 1509m. Beaucoup de petits souvenirs sur cette cruz de fierro. Des casquettes, des photos, des souvenirs d'enfance, de nombreux pèlerins y laissent un petit signe de passage, parfois juste un petit mot. Gracias.

    Ben y pu ka descendre maintenant. j'ai contrôlé sur openrunner, dans l'autre sens il y a du 15% , Yves va serrer les fesses, ce n'est pas un grand fan de descente. Je vais aussi prendre mon temps car la route n'est pas belle, elle est même défoncée dans le bourg de El Acebo. Chantier en cours. Plus haut, j'ai fait un petit arrêt photo à Manjarin,  gîte construit de bric et de broc.

    L'arrêt d'après midi se fera à Molinaseca. Il n'y a pas de camping à proximité, hors peut être une auberge qui accepterait les campeurs. Nous décidons de poursuivre vers Ponferrada qui n'a pas de camping mais qui dispose d'un château qu'on pourrait croire sorti d'Edimburg.  Dommage , ils ne font pas accueil de pèlerins. A la sortie de la ville nous bifurquons vers le camping de Carracedelo après que je me sois assuré qu'il soit ouvert. La route descend en pente douce vers la bourgade. Arrivée à 19h00, trop tard à mon gout. Le camping est sympa et nous boirons notre bière dans le bar du bourg alors que Marseille se fait étriller par Atlético à la TV. Nos voisins sont français retraités qui visiblement connaissent bien l'Espagne. Menu ? Pâtes , thon sauce tomate.  Ce fut une belle journée...

     

     

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

     

    1509 m  Cruz de Fierro

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

    16 mai Camino Françès

     


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  • 17 mai  Carracedero - Sorria  90 kms  dénivellé 1350m

     

    En fait, les guides nous mentent quand ils annoncent que le col Cruz de Ferrio est le plus difficile. La Galice dans son ensemble est casse-patte car ce sont des descentes vertigineuses et des montées bien raides. Il n'y a pas beaucoup de moments ou on peut se reposer.

    Ce matin départ par maps-me ( pour les ignorants, c'est une application qui propose un GPS sans avoir besoin de wifi ou internet. localisation smartphone  simplement) Il s'agit de récupérer le camino qui est quelque part au nord. Nous allons le retrouver à une dizaine de kms au nord, Villafranca del Bierzo le long de la N6 qui suit l'autoroute A6. En fait tout au long de la traversée de l'Espagne, le camino suit les anciennes voies romaines, qui ont été remplacées par les routes au fil des siècles et maintenant par les autoroutes. Quand on y pense, étonnant de voir que l'organisation des pays est encore sur la base de ce qui a été fait il y a 2 millénaires.

    Nous prendrons le café sur la jolie plaza mayor et ferons les courses plus haut, juste avant d'attaquer la montée du jour. 25 kms ou ça grimpe gentiment, puis on rentre dans le vif du sujet. Il va falloir s'économiser car les gambettes ont beaucoup donné hier. Dès que le pourcentage monte, tout à gauche et 7.5 km/h, et tourne tourne manivelle. Yves monte plus vite, il ne s'économise pas, le bougre. Comme ça il peut faire des photos du pèlerin en pleine action. Sur 200 ou 300m , je mets pied à terre car ça ne passe pas, on doit être autour de 10%. Yves arrive à monter en danseuse. A la fourche on croit être rendu au bout mais c'est le col pour l'autoroute et la N6. Pour les pélerins: c'est la petite route, montez jeunesse. Quelques photos au passage du panneau Galice, quelques photos de statues à la gloire des marcheurs, et lentement on monte. 

    Ouf, on est en haut, il n'y a plus qu'à redescendre! ben  non, il y a une succession de 3 cols  et comme les jambes se détendent entre chaque montée, on a l'impression d'avoir des jambes dures comme du bois. Col de Cebreiro, col de San Roque et col de Poio , on flirte avec les 1300 m.

    Mais de là haut, quels paysages, on est en Galice, tout est vert, extrêmement vallonné, et le regard porte très loin. Je retrouve ces paysages que j'ai écumé et tant aimé en moto lors de mon année à Vigo. Le plaisir des yeux, ces vieilles fermes de granit, ces troupeaux à flanc de montagne.  

    Pique nique en haut du  dernier col  dans un petit village tout dédié aux pèlerins. Le restaurateur nous averti trop tard que c'est une terrasse privée. Un café et un gâteau et tout rentre dans l'ordre. 

    Descente vertigineuse vers le monastère de Samos. Plein d’asiatiques, en bus. Et un peu plus loin 2 frangins d'Avignon en tandem, multiples crevaisons à l'avant car pneu inadapté. L'un répare et l'autre cause. On les retrouvera à Santiago. 

    Camping, enfin si on peut appeler ça camping, à Sorria. Le truc semble être en cours de vente. Paiement en liquide, pas d'eau chaude aux douches, c'est tonique. Et pour voisins 2 motards anglais en BMW. Fort sympatiques, même si je dois dire que j'ai du mal à capter car c'est plutôt l'espagnol qui occupe mes quelques neurones. On cause un peu avant d'aller manger pour pas cher dans un resto plus bas pendant que nos voisins font un petit film avec un drone. Et dire que demain matin ce sera encore douche froide...

    17 mai Camino Françès

     

     

    17 mai Camino Françès

    17 mai Camino Françès

    17 mai Camino Françès

     

    17 mai Camino Françès

    17 mai Camino Françès

    17 mai Camino Françès

    17 mai Camino Françès

    17 mai Camino Françès

    17 mai Camino Françès

     

    Le monastère de Samos. On y héberge des pèlerins 

    17 mai Camino Françès


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  • 18 mai  Sarria  - Arzua  80 kms  dénivellé 1320m

     

    La douche glacée est passée, je suis bien réveillé et comme on descend vers Santiago tout va bien se passer. Nos anglais traînent un peu, à mon avis ils ont envie de partir après nous pour nous voir souffrir quand ils vont nous dépasser.

    Encore une fois, il y a une menterie quelque part, on vient de passer un col à 1300m et Santiago est à 260m dans ma tête, il n'y a pas photo, il suffit de descendre. Je vous met le profil de l'étape et vous aurez compris. On descend de 200m et on monte de 150m. C'est infernal. Je propose une sortie comme ça au SC Le Rheu et je me fais lyncher. Yves avait l'idée ( saugrenue ) d'aller à Santiago aujourd'hui. Au bout des 80 kms, il est comme moi, un camping SVP. 

    Nos anglais vont nous rejoindre à une dizaine de kms du départ. Petit arrêt causette et on reprend la route. Il y a de plus en plus de marcheur au fur et à mesure qu'on se rapproche de Santiago. Et comme le camino Françès et la route de la côte nord se rejoignent dans les parages, il doit y avoir de la bagarre pour les places de couchage en auberges. J'imagine que les panneaux annonçant l'arrivée disposés tous les kilomètres doivent peser sur le moral des marcheurs. Pas beaucoup de photo car le trajet ne s'y prête pas.  Il nous faut surtout être vigilant car sur certaines petites routes il y a de nombreux marcheurs qui font comme si la route était pour eux. Dangereux car il y a les voitures et les cyclistes.

    Petites courses pour le repas de midi à Portomarin  ou un cycliste français hilare ( ben oui ) ne pourra pas s'empêcher de nous enrhumer dans la grosse côte qui mène au centre ville. Une truffe campingcariste avec son vélo électrique qui ira dire à ses petits enfants qu'il a fait le camino de Santiago.

    Rencontre plus sympa d'un couple un peu moins jeune que nous, lui avec des problèmes de santé a un vélo électrique, elle utilise les 2 petits plateaux de son VTC, c'est tout. Elle ne comprend rien dans le dérailleur, du coup elle est sur un pignon de 44 ou 46 à l'arrière. Ça mouline, mais ça passe. Tout l'esprit du camino.

    Il n'y a pas de camping dans les derniers 100 kms avant St Jacques ( et là je ne dis pas bravo à la Galice ) Nous dormirons sur la pelouse d'une auberge qui peut recevoir 2 tentes pour la modique somme de 8€ , douche comprise. Il y a un bar, il y a un restaurant, et il y a des marcheurs français un peu lourds. 

     

    18 mai Camino Françès

     

    18 mai Camino Françès

    18 mai Camino Françès

    18 mai Camino Françès

     

     

     


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  • 19 mai Arzua - Santiago  40 kms  dénivelé 550 m

    Çà commence à sentir l'arrivée. Ce n'est pas la panique pour lever le camp. Le groupe de marseillais est parti,  les VTT sympas de Madrid sont partis eux aussi quand nous nous mettons en route. Comme hier ce sera grimpettes bien raides et descentes rapides.

    Il y a de plus en plus de monde sur le chemin, des groupes qui traversent  la route sans s'occuper de la circulation, d'autres largués par les cars qui nous doublent. On sent comme une frénésie dans l'air et je pense que les marcheurs au long court qui ont fait tout le camino doivent regarder les opportunistes des bus avec la sensation du travail bien fait. 

    Nous prendrons le café croissant avec un jeune couple qui vient de faire le camino historique, celui qui longe la côte nord  , et qui a un peu souffert de la pluie et du froid. Il y a un peu de religieux dans leur cheminement, mais aussi l'envie d'une belle aventure qui met la rencontre au centre des préoccupations. 

    La circulation le long de la N547 est plus importante et la sécurité devient plus précaire au fur et à mesure que nous nous approchons du but. Il n'y a plus partout cette bande cyclable, et quand elle est présente, elle est souvent jonchée de gravillons et autres déchets. Et comme il y a de nombreux camions, on serre un peu les fesses.

    En fin de parcours , près de l'aéroport, nous prendrons le même chemin que les marcheurs, c'est plus prudent et au moins on est sur du fléchage. 

    A quelques kms de la ville, sur une colline, un monument qui a du être dressé lors de la visite du pape. Pour la première fois, on voit les flèches de la cathédrale. Moment d'émotion sereine en ce qui me concerne, car c'est la concrétisation d'un rêve qui me trottait dans la tête depuis une dizaine d'année. Yves est encore plus ému que moi. Il parle à tout le monde, à croire qu'il se présente à une élection. Lui qui n'avait rien à faire avec ce camino il y a une dizaine de jours a été conquis par l'esprit qui y règne et cette facilité à nouer des contacts avec les autre pèlerins.

    Quelques photos sur la colline, le tampon sur le crédential, et Yves repart sans son smartphone. La tête de linotte est rattrapé par un marcheur qui nous interpelle et redonne l'objet à son propriétaire. Ce serait dommage de  perdre ce précieux objet alors qu'il lui reste 40 jours de voyage et 10000 photos à faire.

    Panneau SANTIAGO. Photos et photos d'autres groupes qui sollicitent notre aide. On ne va pas rester là trop longtemps sous peine de terminer la journée  en photographes officiels du panneau SANTIAGO.

    Direction le camping, 8€ pour le pèlerin, de beaux emplacements et pas trop loin du centre ville ce qui permet de s'y rendre à pied. 

    Cette AM sera consacrée à une balade en ville et à régler les problèmes de retour ainsi qu'a organiser la journée de repos du lendemain.

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

     

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    Lever de soleil sur la Galice

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    Première vue sur la cathédrale.

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

     

    La photo que personne ne peut faire actuellement car la porte principale de la cathédrale est en travaux et les clochers sont sous plastique.

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

    19 mai Camino Françès SANTIAGO

     


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  • L'année passée, pour une première, je m'étais fixé un trajet sans doute un peu ambitieux par le Puy en Velay. Un nouveau vélo, des contraintes que je ne connaissais pas, la mécanique dans un moment de sagesse m,avait imposé un peu d'humilité.

    Depuis , le Fahrrad TX800 a accumulé quelques milliers de kms. Un apprentissage nécessaire car la randonneuse n'a rien à voir avec le vélo de route que je pratique en club. Exit le chrono, la moyenne, DURER, telle est la devise du randonneur, et dans tous les cas s'économiser car la route du jour va se répéter demain et et les jours qui suivent. 

    Départ de Rennes le 2 mai, par une matinée humide, qui se poursuivra en journée humide. Jean Pierre, cycliste du club de Le Rheu, adepte lui aussi du vélo-sacoches va m'accompagner jusqu'à Tours. Nous emprunterons l'itinéraire de la flèche de l'Ouest Rennes - Tours, en oubliant de commander les cartons qui nous permettraient de valider les points pour le challenge. C'est ballot. 

    Première étape un peu longuette de 110 kms qui va nous mener au camping municipal de Ménil, sud de Château- Gontier. Sanwitches et café en cours de route, crachin tenace. Et première nuit sous la toile. Premier inventaire des oublis et des surcharges, premières pâtes bolognaises. Et surtout le constat amer, pas un rade pour boire une bière à l'arrivée, la guinguette du camping est fermée ce jour là. Un coup à rentrer à la maison.

    La via de Tours

    La via de Tours

     

    Jean Pierre, du SC Le Rheu.

    La via de Tours

    La via de Tours

     

     

     

    3 mai, direction Tours. Départ à 9h00 par les rives de la Mayenne alors que le soleil pointe le bout de son nez. Des petites routes pendant une bonne partie de la journée, quelques raidars qui mettent les jambes à contribution. 125 kms, Jean Pierre commence à me maudire. Camping à Luynes, rive nord de la Loire, à mi-route entre Tours et Langeais. Et là, la totale, bières et hamburger/frites. Je suis à moitié pardonné.

    La via de Tours

    Petit plaisir mayennais. 

     

     

    4 mai, Luynes - Châtellerault. 115 kms en solitaire. Jean Pierre a pris vers l'ouest en direction de Nantes pendant que je remonte la Loire pour traverser Tours et récupérer la via de Santiago. J'ai retranscris l'itinéraire sur mon GPS à partir d'un guide édité par Ouest-France. Je me rend très vite compte que l'Eurovélo3 et le camino empruntent plus ou moins les mêmes routes. La sortie de la ville est très désagréable, mais bientôt je vais rejoindre les petites routes à 1 voie qui vont être l'essentiel de mon trajet. Première rencontre d'un pèlerin avec sac à dos et beaux paysages sur la Vienne. Je vais aussi récupérer une petite coquille de St Jacques qui va m'accompagner le long du voyage et me servir de passeport. Camping municipal de Châtellerault à 4€, et discussion en anglais avec un cyclo turc qui utilise le même matériel que moi et qui arrive d'Istanbul. 

    La via de Tours

    La via de Tours

    La via de Tours

    La via de Tours

    Une petite coquille accrochée à cette stèle en pierre. Je vais la récupérer et l'accrocher à ma sacoche. Elle fera le voyage avec moi.

    La via de Tours

    menu diététique du cycliste. 

     

    5 mai Châtellerault - Poitiers - Aulnay.  133 kms Etape marathon à l'insu de mon plein gré. Mon voisin de camping m'a proposé de rouler avec lui, mais je n'y tient pas trop. Je ne connais pas son niveau et il désire suivre les indications de maps me, alors que j'utilise mon propre itinéraire. Peu de camping quand j'arrive aux 100 kms compteur. Il va falloir téléphoner pour  en trouver un en cours d'aménagement entre Melle et Aulnay. Je vais avoir tout l'espace pour moi. Mais avant, je vais goûter à la voie romaine avant Poitiers. 15 kms pas confortables sur le véritable camino. ça va avec un VTT, mais c'est un peu juste avec une randonneuse.  Au sud de Poitiers, vers le camping de la ville, c'est le salon annuel des jardins. Plein de monde, et plein de fleurs. 

    La via de Tours

    La via de Tours

    La via de Tours

    La via de Tours

    La solitude du voyageur . 

     

     

    6 mai Aulnay - Saint Palais:  124 kms:  Saint Jean d'Angély , Saintes une portion un peu dure avec des rapides descentes et de rudes montées. Petit tour dans les 2 villes et quelques photos devant la base aérienne de Saintes qui abrite l'école de mécanique de l'armée de l'air dont je fus élève en 1972. Camping dans les vignes à St Palais entre Mirambeau et Blaye. Camping hollandais qui m’accueille en anglais. Je ne vais payer que la taxe de séjour, 0,5€. Le patron gagne sa vie avec les touristes mais accueille les pèlerins. Bière et pain au chocolat seront offerts. Très sympathique en comparaison de ce qui m'attendra plus tard dans d'autres lieux. Seul soucis, moustiques à gogo, du tigre qui pique même à travers les vêtements. Je suis assez surpris car il n'y a pas de points d'eau. Je crois que je ne vais pas traîner dans le secteur malgré l'hospitalité du patron.

    La via de Tours

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    La via de Tours

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    7 mai Saint Palais- Blaye- Bordeaux - Salles. 122 kms  Descente de St Palais vers Blaye à travers les marais. Il va falloir attendre plus d'une heure pour le bac. J'en profite pour faire mes courses et pour prendre mon café/pain au chocolat du matin. Les gens m'abordent facilement avec un regard un peu médusé face au chargement du vélo. Et vous comptez aller loin comme ça ? C'est sur que vu d'une confortable berline, l'ensemble parait un peu hasardeux.

    Allez, on passe la Gironde et direction Bordeaux au milieu des vignes qui font la réputation de la région. Le gueux que je suis ne goûtera pas une larme des divines bouteilles qui abondent dans les caves que longe mon itinéraire. Belles bourgades, mais pas d'aires pour pique-niquer... Dommage. Entrée dans Bordeaux un peu foutoir au milieu des nouveaux quartiers qui sortent de terre. Beaucoup de monde aux terrasses le long de la Garonne et le café y est hors de prix. Mais si on veut de l'eau fraîche, il faut consommer. Et vivement interpellé par une quadra en vélo électrique qui me dit que je me tiens mal sur mon vélo et que je devrais avoir le dos plus droit et qui je n'irais pas loin comme ça. C'est ou, loin, lui demandai-je ?  Début de la traversée fastidieuse des landes. Petites routes, longues lignes droites et parfois piste. Je quitte mon itinéraire pour trouver un camping à moustiques à Salles. Cher (15€) et qui propose une boite de bière à 4€ . Heureusement, il y a un supermarché en face qui a la bonne idée d'avoir des armoires frigo pour la bière. 

    La via de Tours

     

    Ami de passage. J'aime bien sa gourde.

    La via de Tours

    Blaye, entrée de la forteresse

    La via de Tours

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    8 mai Salles - Dax : 125 kms. Difficile de trouver à manger car il y a peu de villages et beaucoup de magasins sont fermés. Heureusement un relais pèlerin me permettra de trouver ma ration de taboulé et un peu de fromage. Et plus loin un bar au service absolument ravissant me servira un grand café bien fort avec mon pain au chocolat. Une rennaise de la Martinique perdue dans les Landes. Le vent souffle fort pleine face toute la journée. C'est épuisant. J'ai envie de m'arrêter à 90 kms, mais je dois retrouver un cyclo rennais à St Jean Pied de Port, alors il faut que je me fasse violence. Un coca comme coup de fouet dans  une auberge de campagne me donnera le tonus pour rejoindre Dax, ville d'eau ou les camping cars sont légion et les campings au diapason de la clientèle. 18€ la nuit pour le cycliste, ça ne rigole pas.

    La via de Tours

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    9 mai Dax - Saint Palais - Saint Etienne de Baïgorri. 102kms et 1100m de dénivelé.  Il pleut, il mouille. Pas marrant de plier sous la pluie. Je quitte la plaine pour attaquer les premiers coteaux et ça démarre par 500m à pied. Une belle grimpette à 15% sur ce que le panneau indique comme étant le chemin officiel de Santiago. Petites routes et parfois route nationale. Des déviations me font un peu perdre le nord. St Palais , repas dans une sandwicherie alors que je suis trempé comme une soupe. Heureusement le soleil pointe un rayon et la fin de la journée sera plus agréable. Quelques belles côtes le long de ce parcours. Je pointe mon crédential  à St Jean Pied de Port et tape la causette avec le président du Codep FFCT de l'Ain qui m'aborde devant l'office du tourisme. Direction le superbe camping municipal de St Etienne de Baïgorri ( 4€ la nuit) ou je retrouve Yves, du Royal Athlétic Club, à moins que ce ne soit le Roazhon athlétic club. Je vais commencer à le former à mes pratiques licencieuses: une pinte de bière après l'effort. Demain il y a un Trail en montagne et des  bretons sont déjà sur place pour participer à la course.

    La via de Tours

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    Les couleurs du SC Le Rheu flottent au camping de St Etienne de Baïgorri

    La via de Tours

    Yves, cycliste du RAC, initiation à la dégustation de bière locale.  Charge à moi de lui faire découvrir l'esprit du camino.

     

    Fin de la descente française réalisée un peu au pas de charge. Il va falloir se calmer mon brave. 

     

     

     

     

     


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